PRESSE (SUITE)

WEBTHEATRE (cliquer ici pour lire l'article sur internet):

Le Dindon de Georges Feydeau

par Bruno Bouvet

LA CUISSON EST PARFAITE

Il est toujours réjouissant d’assister à une naissance et le plaisir est évidemment décuplé lorsqu’il s’agit d’une naissance multiple ! C’est ce sentiment d’allégresse qui envahit le spectateur en assistant aux début sur scène d’une troupe vrombissante de onze comédiens, issus pour la plupart de la Classe libre du Cours Florent et du Conservatoire national d’art dramatique de Paris. Qui pourrait croire que certains n’ont pas encore achevé leur formation ?

Ce qui est sûr, c’est qu’il faut d’ores et déjà retenir les noms de ces jeunes maîtres queux qui livrent un « Dindon » aux petits oignons, assaisonné d’une bonne dose de vivacité et d’une énergie qui ne se relâche jamais. Bertrand Usclat, impayable Pontagnac et Yasmine Nadifi, tout aussi convaincante dans le rôle de sa malheureuse épouse, Guillaume Delvingt, parfait Vatelin, Hélène Chevallier, irrésistible Lucienne sont évidemment à citer mais il serait injuste d’omettre les performances de leurs camarades (Baptiste Chabauty, Benjamin Gauthier, Inès Guiollot, Ivan Le Goff, Raphaël Lye, Louise Massin, Lola Naymark). Tous ces gamins talentueux ont compris que la mécanique de Feydeau ne souffre aucun temps mort, tout autant qu’ils ont saisi l’importance de ne pas sombrer dans la facilité et la vulgarité.

La mise en scène ingénieuse et pleine de tonus de Fanny Sidney a l’audace de remplacer les indispensables portes du maître du vaudeville par… des chaises de cinéma. Assis dos au public sans bouger, les comédiens en jaillissent pour entrer dans la danse frénétique des quiproquos et des coups de théâtre. L’esthétique assumée (les années 60) et les pointes d’humour irrévérencieux façon Canal + accentuent le plaisir du spectateur, tout entier à son bonheur de vivre une cavalcade totalement déjantée. Les comédiens de la troupe des Années Ivres n’ont pas mis longtemps pour assimiler l’essentiel du théâtre : la joie communicative de jouer.

BRUNO BOUVET

Festival Off à Avignon. Au Monte-Charge (Salle 1). 22 Place de
l’Horloge. Tous les jours à 18 h 50. Jusqu’au 31 juillet. Durée :
1 h 30. Tarif : 16 €. Carte Off : 11 €. Tarif enfant : 6 €.
Réservations : 04 90 85 62 48.

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RUE DU THEATRE (cliquer ici pour lire l'article sur internet):

 

LE DINDON

L'ART DE DEVERGONDER FEYDEAU

Par Daphnée BREYTENBACH. Publié le 27 juillet 2011

 

Univers déjanté, décor détonnant, acteurs cultivant un certain sens du décalage... Le Dindon de Fanny Sidney ne laisse pas de marbre.

Enchevêtrement de quiproquos, mensonges en cascade, hypocrisie et légèreté: l'histoire du "Dindon" est vieille comme le monde. C'est en prenant un vrai risque que la jeune compagnie des 'Annes Ivres' a choisi de présenter ce texte - ô combien populaire - dans la cité des papes. Et ces jeunes n'ont pas froid aux yeux : de bout en bout, le suspens de la partition est tenu.

Les comediens sont, et c'est bien peu de le dire, plein de dynamisme. Si certains en font parfois un peu trop, le resultat reste séduisant, haut en couleur, rafraichissant.

La salle rit bien volontiers de ces bourgeois qui ne savent plus comment redonner du piquant à leur couple vieillissant. Mention spéciale à Guillaume Delvingt qui, dans le rôle de Vatelin, associe avec justesse l'humour à la subtilité. Si l'on a envie de s'enthousiasmer, ce "Dindon" est incontestablement un excellent choix.

 

Le Dindon de Georges Feydeau

Mise en scène : Fanny Sidney Avec :Baptiste Chabauty, Helene Chevalier, Guillaume Delvingt, Benjamin Gauthier, Ines Guilot, Ivan Le Goff, Raphael Lye, Louise Massin, Yasmine Nodifi, Lola Naymark, Bertrand Usclat

Assistanat : Lola Naymark

Création lumières: Thierry Crapoulet

Régie générale: Claire Merviel

Communication: Jonathan Barbanel

 

Durée : 1h45Photo : © DR

 

 

ARTISTIK REZO (cliquer ici pour lire l'article sur internet):

 

Rita, on l’aime ou on la quitte, mis en scène par Samuel Forst-Lefèvre au Théâtre le Funambule

Théâtre contemporain | Théâtre - Artistik Rezo, agitateur de vie culturelle | Art et culture

Agitateur de vie culturelle

 

 

Jusqu'en janvier 2010
Théâtre le Funambule
Théâtre contemporain

 

Rita et Jean, en couple depuis quelques temps, ont décidé de sceller leur amour en achetant une commode Ikea : la Romantica. Mais au moment de saisir les outils et de visser les derniers boulons, le couple se dispute violemment et Jean, colérique et un peu macho prend la tangente. Désespérée, Rita, idéaliste et un peu naïve, appelle Suzie, sa meilleure amie, qui, contrairement à Rita, est plus réaliste qu’utopiste…

 

Génération Ikéa

Si l’on s’en tient à une lecture assez simpliste de la pièce, on pourrait croire qu’elle accumule les poncifs : la rencontre sur le Net, la meilleure amie, l’amitié homme/femme, la répartition des tâches, les blagues féministes… Cette vision du couple, somme toute assez manichéenne, est en droit d’agacer. Pourtant, Rita, on l’aime ou la quitte, ce n’est pas que ça. Dans cette comédie des temps modernes, le metteur en scène rend ici un hommage non dissimulé à toute une génération : celle de trentenaires suivant à la lettre les notices Ikea, tout en mettant à jour leur profil Meetic. Le comble de la réussite réside dans le fait que chacun s’y retrouve : on a toutes été la copine blessée ou la meilleure amie blasée, ils ont tous été un tantinet macho, obligés d’écumer leur colère devant une bière.
Véritable plaidoyer sur les relations amoureuses, la pièce se sert ici de l’enseigne suédoise pour faire passer un message : Ikea est à l’ameublement ce que Jean est à la relation à deux, l’illusion de la perfection… C’est là tout le message de la pièce : la commode Romantica n’a de romantique que le nom, de même que Jean n’a d’attirant que le profil Meetic. Les relations à deux relèvent le plus souvent du domaine du fantasme, de la chimère. Rita a cru que Jean était l’homme de sa vie en lisant son profil : « un type qui avait la finesse de lire dans les yeux d’un chien toute la détresse de son maître était peut-être un type pour moi ». La réalité est bien plus complexe et l’armoire désossée symbolise ici la fragmentation d’un couple et la destruction méthodique de leur histoire.

 

Fantasmagorique

Une grande partie de la pièce est d’ailleurs consacrée au psychique puisque le spectateur a la chance de voyager dans les pensées les plus profondes de Jean. Assommé par sa compagne, ce dernier opère un voyage inconscient jusqu’aux tréfonds de ses fantasmes. L'occasion de donner au spectacle une forme de narration nouvelle et suggestive, qui rompt avec une mise en scène trop classique. Enfin, dans un dernier sursaut d’espoir, Rita donne à la pièce une tournure très grave dans cette scène finale, où un morceau de guitare accompagne la jeune femme dans cette ultime décision. Quelques minutes toutes en musique et en émotions que l’on aurait souhaité plus longues tant elles apportent à ce monologue final.
Porté depuis 2008 par la compagnie En Route Simone !, le projet Rita, on l’aime ou on la quitte est aujourd’hui bel et bien abouti. Aussi, c’est sous un tonnerre d’applaudissements, des sifflets à répétitions et des rires à foison que Thomas Walch, fondateur de la troupe et interprète de Jean a pris, pour cette première, la parole. On ne peut que leur souhaiter bonne route…


Qu’on se le dise, cette pièce s’adresse davantage à un public féminin. Mais cela n’enlève rien à la fraicheur des textes et des interprétations. Servi par un excellent trio d’acteurs, on salue tout particulièrement la performance de Caroline Anglade, alias Rita. Touchante, elle met au service de son jeu toute sa naïveté de fille mais aussi et surtout sa passion d’actrice. Ses yeux, embués de larmes au moment des applaudissements, parlent pour elle…

Mathilde Degorce

 

 

Rita, on l’aime ou on la quitte


Avec : Caroline Anglade, Inès Guiollot, Thomas Walch
Mise en scène : Samuel Forst-Lefèvre
Décors : Magali Lefoul
Accompagnement musical et sonore : Olivier Lasson
Accompagnement Lumières et images : Thomas Jacuemart
Graphisme (affiche et tract) : PIGLAB
Photos : Jonathan Lefèvre
Compagnie : En Route Simone !


Jusqu'en janvier 2010
Du jeudi au samedi à 20h
Le dimanche à 18h


Théâtre le Funambule
53 rue des Saules
75018 Paris
Tel : 01.42.23.88.83
Métro : Lamarck-Caulaincourt

 

www.funambule-montmartre.com

 

 

NOTRE SCENE (cliquer ici pour lire l'article sur internet):

Rita, on l’aime ou on la quitte

  • Du 22 juin 2010 au 31 juillet 2010
  • Théâtre Clavel - Paris

Comment ne pas bousiller son couple en montant une armoire suédoise ?
Tel est le thème original de la pièce de Thomas Walch, Rita on l’aime ou on la quitte.
Le rideau s’ouvre sur un jour pas comme les autres. Jean et Rita ont acheté une armoire et sont bien décidés à la monter.
Ici, la séance de bricolage expose les personnages, les fragilise, révèle leur personnalité jusqu’à les rendre fous. S’agit-il de bout de bois à assembler ou de bouts de soi à encastrer ?

Rita, jeune femme fragile est folle de son Jean. Et avec cette grande armoire au nom évocateur de Romantica elle compte bien vivre enfin une vraie vie de couple. Car Rita veut du concret. Elle y tient. Et tant pis si Jean boit trop. Tant pis si Jean a mordu son chien tant aimé. Parce que Rita croit en l’amour et aujourd’hui elle aimerait qu’avec cette armoire sa vie enfin commence.

Mais face a cette armoire trop grande à monter soi même avec des outils trop petits, Jean sent ses doigts gonfler et sa colère aussi. Car Jean n’est pas dupe. Comme il le dit si bien : « Quand un couple se balade dans les rayons d’Ikea, c’est qu’il vient de faire l’amour ». Pour lui, les fabricants de meubles parient sur le désamour pour faire fortune. A chaque nouvelle histoire, une nouvelle armoire. Mais Rita n’est pas de cet avis et veut y croire. Malgré la présence de Suzy, la bonne copine qui tente désespérément de comprendre la notice, la tension monte et Rita frappe.

 

Autour de ce meuble posé au sol, tout s’effondre. Et Jean aussi.
Sur la scène du théâtre Clavel, une armoire taille XXL nous dévoile alors ses souvenirs et ses fantasmes. Nous voyageons dans les méandres de ses pensées et remontons dans le temps jusqu’à la première rencontre. Dans chaque tiroir, un bout de vie. Les personnages se découvrent plus subtiles qu’on ne les imaginait.

Sujet générationnel, c’est aussi l’histoire de deux individus qui se rencontrent sur Internet et qui transposent sur l’autre tout ce que la vie ne leur a pas donné. La chute n’en est que plus douloureuse.

L’énergie des comédiens nous emmène dans un tourbillonnant voyage sur les rapports amoureux, sur l’amour d’aujourd’hui, sur la peur de la solitude et des engagements.

Une jolie pièce, bien moins légère qu’il n’y paraît.

 

Crédit photos: Christophe Castejon

Journaliste: Alice Dubois

 

Ecriture: Thomas Walch

Mise en scène: Samuel Forst

Avec : Thomas Walch, Caroline Anglade ou Ariane Mourier, Inès Guiollot.

Musicien: Olivier Lasson

 

Du 22 juin au 31 juillet 2010 – Du mardi au samedi à 20h

Tarif : 18euros / réduit 10 euros

Théâtre Clavel , 3 rue Clavel, 75019 Paris – M° Pyrénées.

Tel : 09 79 39 93 93

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